Aire de dialogues - Pr Michel Sempé

 

A  celles et ceux qui ne savent pas « décamper »

L’échelle, le pompier et l’humanisme

Apologue

 

Il était une fois une échelle combustible.

Et puis aussi, en ces temps-là, un apprenti pompier qui accomplissait

son service militaire dans ce noble corps au service de toutes et de tous.

Son âme était apyre c’est-à-dire ininflammable en son état.

On lui apprit donc qu’au feu, sur la grande échelle, son âme ne risquait rien

et il en déduit (à tort certes) que son esprit était infusible, ne pouvant être fondu.

Or il arriva, qu’un vendredi, sans qu’il y prenne garde,

il eût à lutter contre l’humanisme.

Belle affaire, se dit-il,

si j’exprimais aujourd’hui des réserves, j’affaiblirais mon camp.

Pour moi la clé, c’est (ou ce sont les) mes finances publiques et

l’affabulateur, courtaud et menteur de son état, les réduit en cendres.

Nous sommes dans le temps du combat, et dans le combat,

l’honneur, c’est la probité sans laquelle il n’y a pas de loyauté.

Mais l’échelle était trop basse car la vraie conception des échelles

est de prendre pour fin la personne humaine et son épanouissement.

Elle a brûlé et le pompier s’est retrouvé par terre.

C’est la faute à Voltaire, … ce n’est pas la mienne …

Assurément se disait un brandon qui tentait de compatir,

mais l’âme de ce pompier est je ne sais où,

son corps l’a enfumée et lui continuera de ne pas grandir tandis que

son esprit confusément ne fera rien de plus que de débattre des procédures.

 

*

 

« Les fictions qui ont un objet moral s’appellent apologues ou fables,

et comme leur objet n’est ou ne doit être que d’envelopper

des vérités utiles sous des formes sensibles et agréables,

en pareil cas on ne s’attache guère à cacher le mensonge de fait

qui n’est que l’habit de la vérité, et celui qui ne débite une fable

que pour une fable ne ment en aucune façon. »

Jean-jacques Rousseau. Rêveries … 4ème promenade.

 

Parabole issue de la lecture de «Entretien» du journal « Le Monde »

du Vendredi 27 avril 2012, page 4 qu’il est loisible de se procurer.

 

Pr Michel SEMPÉ

Courriel : « http://www.accroissements-michel-sempey.fr »

 

Il s’y trouve in extenso la Déclaration des Droits de l’Enfant

et d’autres informations.


Entretien (en sartrapie)

 

Interrogé par Le Monde, le vendredi 27 avril 2012, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, représentant de « l’aile humaniste » de l’UMP, ne souhaite retenir qu’un aspect de la campagne de Nicolas Sarkozy : le match comparatif avec le candidat du PS François Hollande.

Texte intégral des réponses mais valant surtout pour sa dernière phrase.

N.B. : Les questions des journalistes sont en noir soulignées, les réponses sont en minuscules et les coloris ont été différenciés.

Vous sentez vous à l’aise dans cette campagne de second tour, où M. Sarkozy

passe l’essentiel de ses discours à évoquer les thèmes de l’immigration et de l’islam ? 

Si j’exprimais aujourd’hui des réserves, j’affaiblirais mon camp, et l’affaiblissement du centre et de la droite républicaine sert le Front national et le (FN) et le Parti socialiste (PS). La meilleure façon de gagner, c’est de rassembler, dans une même famille, la droite populaire et les « humanistes ». Je me souviens des suites de la dispersion de la gauche en 2004, mais je reste attaché aux valeurs humanistes de notre projet. Ce qui exclut tout accord avec le FN.

Ces valeurs ne semblent pas très audibles …

Nous les exprimons tous les soirs dans nos meetings.

L’idée était d’avoir une campagne de droite au premier tour, pour rassembler son camp,

et au centre au second. Là, on a droite, puis droite-droite … 

Le vote du premier tour est un vote de crise, d’inquiétude et appelle des réponses fortes.

Je ne considère pas que ces réponses soient exclusivement droitières. La réponse européenne du président me convient totalement. …

Y compris la menace de suspendre unilatéralement les accords de Schengen ?

L’Europe a besoin du leadership et du volontarisme de M. Sarkozy.

L’arithmétique vous donne perdant au second tour. Ne risquez-vous pas le déshonneur pour éviter la défaite et, au final, de subir les deux ?

J’ai le sentiment que je suis un modéré par rapport à M . Hollande et à Ségolène Royal pour la chasse à droite. J’ai vu le candidat du Ps racoler en « une » de Libération les électeurs du FN. Cette accusation sur l’honneur est une insulte à tous les électeurs qui ont exprimé leur angoisse. L’égalité, c’est aussi celle des électeurs.

M. Hollande n’emploie pas les mêmes mots que Marine Le Pen, à la différence de M. Sarkozy

François Mitterand a créé ce piège du FN. J’ai assez d’expérience pour ne pas être victime des manœuvres de ses héritiers.

Patrick Buisson, le conseiller du président sortant, s’est vanté de ce choix d’une stratégie droitière, estimant qu’il avait vu juste. En la suivant, M. Sarkozy  n’a-t-il pas nourri  le vote FN?

C’est une question de premier tour. Depuis, nous sommes dans la comparaison entre les deux finalistes :

quel est le meilleur pour gouverner le pays ? Pour moi, la clé, c’est les finances publiques. M. Hollande  creuse les déficits, M. Sarkozy les réduit. La compétitivité de la France, la dette publique, l’ouverture et la compréhension du monde, la relance européenne, voilà ce qui sera déterminant.

Revenons à M. Buisson. Sa stratégie n’a-t-elle pas nourri l’extrême droite ?

Cette question n’a pas d’intérêt aujourd’hui. Le temps de l’analyse viendra après le 6 mai.

Nous sommes dans le temps du combat, et dans le combat, l’honneur, c’est la loyauté.

Diriez-vous que le FN est un parti républicain, comme l’a dit le président de la République ?

Il est clair qu’il y a des républicains dans l’électorat du FN. Je suis surpris de ne pas avoir de questions sur le Front de gauche et sur la dimension républicaine de l’insurrection.

Pour s’imposer, M. Sarkozy a besoin des deux tiers de l’électorat de Mme Le Pen et de plus de la moitié de celui de M. Bayrou. Comment tenir ce grand écart ?

Il y a une réserve électorale avec la participation. Elle sera plus forte au second tour. M. Sarkozy veut parler de la crise, avec gravité, à tous les Français, pas chapelle par chapelle. Pour s’imposer, il doit gagner trois matches : celui du diagnostic, celui du projet et celui de l’expérience.

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) appelle à de la croissance. … ne s’agit-il pas d’une légitimation des propositions de M. Hollande ?

Nous sommes tous pour la croissance en Europe selon les termes employés par M. Draghi,

« dans le cadre de réformes courageuses ». Ce qui manque dans le projet de M. Hollande, ce sont les réformes courageuses ! Je pense que l’appréciation de nos partenaires sur le programme du candidat du PS est sans appel.

Quel signe pouvez-vous envoyer à M. Bayrou ?

Le premier, c’est celui du respect. Il ne s’agit pas d’entrer dans des manœuvres. Il est assez aguerri pour faire son évaluation des projets. Le rétablissement des finances publiques est un sujet majeur pour lui comme pour nous. L’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives serai positive pour notre démocratie. M. Bayrou veut un référendum sur la moralisation de la vie publique. Ce projet est compatible avec la majorité de notre majorité.

Diriez-vous encore que François Bayrou peut être un bon premier ministre pour M. Sarkozy ?

Il appartient au président de la République de prendre position. J’ai seulement commenté les aptitudes de M. Bayrou et je n’ai pas à me contredire sur ce sujet.

Si un candidat socialiste et un candidat FN se retrouvent seuls au second tour des législatives, que voterez-vous ?

Vous en avez piégé quelques-uns, vous ne me piégerez pas : une grande famille forte et diverse qualifie son candidat au second tour ?

L’UMP peut avoir à affronter de nombreuses triangulaires avec le Front National …

Il n’y aura pas tant de triangulaires que çà, d’autant qu’il y a une hétérogénéité du vote lépéniste. Il est plus traditionnel, ancré sur l’immigration, dans le sud-est du pays ; c’est plus un vote d’alerte en zone rurale.

A l’UMP, les centristes sont dominés par les ex-RPR. Faut-il faire de la discrimination positive en leur faveur ?

Il faut un équilibre renforcé des responsabilités. Le prochain gouvernement devrait ainsi exprimer plus de diversité que les précédents… Au sein du parti, il faudra débattre des procédures dans lesquelles chacun pourra s’exprimer, voire se compter. Il appartient au secrétaire général (aujourd’hui Jean-François Copé) qui est porteur de de la légitimité du parti, garant de la diversité, de faire pour le prochain quinquennat des propositions d’organisation.

Chez les modérés de l’UMP, nul n’ose sortir du bois sur la campagne droitière de M. Sarkozy …

Pourquoi voulez-vous que je participe à une campagne contre mon candidat et permette à M. Hollande de dire : « Raffarin tire sur Sarkozy ? ». J’ai fait mon service militaire chez les pompiers.

 

J’ai appris que, au feu, sur la grande échelle, on n’a pas d’état d’âme.

 

*

Sans aucune allégorie, mais de manière très explicite des manquements, qu’en est-il

 

- de la Déclaration des Droits de l’Enfant

qui, depuis cinq et même dix années, n’a pas été respectée dans notre pays ?

 

- des Enfants et Adolescents, les oubliés des plans de santé publique ? 

( Bulletin de l’Ordre des médecins Avril 2012 )

 

- de l’appel des 343 mamans des cités – page 176 de « La Croissance Humaine •.

et de bien d’autres relations.

 

?

 

Alors me sont revenues, pour cette seule dernière phrase, sans tenter de retenir aucun des éléments de la triste langue de bois qui tisse les réponses de cet entretien,

les métaphores qui se trouvent ci-avant.

 

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