Aire de dialogues - Pr Michel Sempé

35. Lettre ouverte aux administrateurs de Droit mais aussi de convenances

 

Lettre ouverte aux administrateurs de Droit mais aussi

de convenances et de convivialité

Les grands enfants, les adolescents et les jeunes adultes, sans bien le savoir, sont aujourd’hui concernés par ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes. De part et d’autre des Pyrénées, une part de leur avenir est en jeu pour apprécier de quoi ils bénéficieront : des erreurs de leurs ainés qui ne seront plus à même de se jauger rétrospectivement ou des promesses non tenues. Plus précisément, ce sera l’opacité des décisions, leurs non élucidations aussi courtoises que possible, la langue de bois pour tout dire, hélas indigne reflet de celle qui prévaut encore il y a peu chez des convulsionnaires négateurs des droits de l’enfant et de la jeunesse.

Sans qu’ils soient invités à donner leur avis, bien que leur vision soit par nature plus actuelle que la faiblesse des vues déclinantes des régisseurs de Droit, sans concertation puisque l’on s’achemine vers de la guérilla qui est en place, voire des épreuves de force, ce qui n’est autre que de l’anti-pédagogie, deux camps se font face avec leurs argumentaires tout deux férocement étayés. Or il existe une pédiatrie sociétale.

Les gens du terroir ne veulent pas être dépossédés de leur environnement, d’une terre qu’ils ont cultivée avec un amour indiscutable, d’un ensemble des terrains humides où toute une faune s’ébat en sécurité, du silence qui accompagne toute approche de la réalité du vrai. Les professionnels de l’ailleurs sont des marchands, des promoteurs de ce qui n’est pas obligatoirement utile mais qui rapportera gros peut-être et qu’importe soit le détriment des autres et des habitants de la bonne ville de Nantes. Plus gravement encore, ils invoquent le marché d’un emploi passager dont personne ne saurait sûrement se prévaloir localement, les retombées imaginées mais non la pollution obligée, le flou de qui s’en suivra. La médiation fait défaut lorsque les esprits sont obscurcis.

Ce champ d’aviation puisqu’il faut l’appeler par son nom, où rien ne poussera, d’où tout s’envole pour se poser pour en partir, n’est plus présentement défendable. Sa matérialité, que les élèves des écoles de commerce savent déterminer, ne tient en aucune façon compte de tout l’entourage affectif qu’on ne leur pas appris à placer en exergue. Ils n’ont pas compris qu’aimer son lieu de vie demeure le fondement de sa sérénité sans empêcher d’apprécier les avions qui ne puent pas, qui ne démolissent rien et qui ne font aucun bruit.

Or ce lieu de concordance qui ne lèse personne ou presque, qui ne modifie en rien ce qui l’environne, qui peut même permettre aux affrontements suicidaires d’à présent de s’estomper, ce lieu qui fournit la plus belle des victoires quand elle aboutit à une réconciliation sans dommages ajoutés, ce lieu existe, il est opérationnel comme on dit, il a servi, il est à côté à vol d’oiseau !

Il s’agit de l’aéroport central de la Cité Royalé (Ciudad Real).

Sa situation est de fait remarquable, sa latitude, le 39ème parallèle, est proche de celle de Lisbonne, de celle de New York et de celle de Tokyo. sa longitude est de 4°, donc en pratique celle de Nantes. La distance séparant les deux villes est de l’ordre de 900 km, la mi-course se projetant au-dessus du golfe de Gascogne et à 130 km de la frontière du Portugal. C’est donc l’aéroport du grand Sud-Ouest, en partie d’Occitanie.

La Ligne à Grande Vitesse (L.A.V.) de Séville à Madrid et Figueras, bientôt à Perpignan, longe l’aéroport ; tout le réseau autoroutier espagnol est à 75 km (A 41 et A 43). L’Extramadura et le Valenciana se trouvent de part et d’autre ; à proximité se trouvent les parcs et, bien sûr, la compagnie de Dulcinée !

Ce qui est le plus fascinant dans cette histoire est la position de cet aéroport en tant que porte d’entrée de l’Europe méridionale pour tous ceux venant d’Amérique Latine, d’Afrique et de bien des lieux de la Méditerranée. En cela elle est outil de libération pour tous les endroits surchargés de l’Europe septentrionale où il est si malaisé de s’entendre pour être accueilli et où la discorde menace l’adéquation d’un accord aussi sensé soit-il..

Grands enfants, adolescents et jeunes adultes, en allant ou en passant à Ciudad Real, vous avez la triple possibilité de tranquilliser les habitants de Bretagne et de Vendée tout en y associant la satisfaction des intendants dont le profit, quand il n’est pas abusif, est légitime s’il respecte l’endroit où commence la liberté de l’autre.

Par la simple conscience des enjeux dont vous êtes partenaires, infiniment  plus que par des mots creux vantant une fausse solidarité, nous serons tous venus, même si c’est parcimonieusement, en aide à nos valeureux amis de Castilla et de la Mancha, ainsi, peut-être un petit peu, qu’à toute l’Espagne sans oublier le Portugal.

Le vendredi 21 décembre 2012                                                           Pr Michel SEMPé  Pédiatre

Courriel : « http://www.accroissements-michel–sempey.fr

 

Les administrateurs de Droit ne le disent mais en tiennent compte pour rester justes en leurs avis.

convenances : ce qui est en accord avec les usages, les bienséances.

convivialité : rapports positifs entre personnes au sein de la société.  

Notre-Dame-des-Landes : petite agglomération à une vingtaine de km au nord-ouest de Nantes en France.

Lande : étendue de terre où ne croissent que certaines plantes sauvages (ajonc, bruyère, genêt, etc.) mais ne pouvant être considérée comme infertile ni désertique ; on l’appelle parfois écosystème. 

langue de bois : langage figé de la propagande politique.

convulsionnaires : « personne ne peut penser qu’une liberté conquise dans ces convulsions aura le visage tranquille et domestiqué que certain se plaisent à lui rêver. » Camus

 

terroir : toute région rurale ou non considérée comme influant sur ses habitants.

détriment : au désavantage, au préjudice de.

exergue : ce qui présente, explique. concordance : le fait de tendre au même effet, au même résultat.

Occitanie : région où la langue d’poc romane du groupe gallo-romain est parlée en exceptant les aires basque et catalane ; il ne s’agit absolument pas d’un idiome.

 

parcimonieusement : je m’adresse à des jeunes peu fortunés.

Septentrion : les sept bœufs de labour désignant les sept étoiles de la Grande ou de la Petite Ourse, à laquelle appartient l’étoile polaire, et par extension le vent du nord, le pôle Nord.

SEMPÉ ou Sempé mais pas sempey car mon nom est d’origine occitane (Saint Pierre) avec son accent caractérisé.

Le sabir informatique produit par un idiome sans accent, sans ponctuation , sans liaisons claires et nettes est un parler propre à une région imposant de manière mercantile et terroriste un ensemble des moyens d’expression  d’une communauté, n’ayant aucune valeur universelle.