Aire de dialogues - Pr Michel Sempé

51. En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté

 

Aide à Toute Détresse Quart Monde

 

« Les idées reçues » véhiculent bien des préjugés, sèment l’incompréhension et

 attisent le rejet.

« Depuis plusieurs années, à mesure de l’impuissance croissante du politique

à résoudre la question sociale, …

« Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, …

tandis que la réalité a cette habitude déconcertante

de nous mettre en présence de l’inattendu. »

 

A 5 euros, cet ouvrage collectif de 188 pages avec une Préface,

 

« De fait, elles conduisent trop souvent à des discriminations, à des refus d’accès à des droits essentiels : éducation, emploi, santé, logement … »

 

… sur la question des refus de soins auxquels sont particulièrement exposés certaines personnes, notamment les bénéficiaires de la CMU. (Couverture Médicale Universelle)

 

 un Avant-propos : « Les choses ne sont pas aussi simples »

 

« Je connais des immigrés que la France a fait venir quand elle avait besoin d’eux.

De quel droit remet-on en cause aujourd’hui leur présence ? »

 

et une Introduction.

 

« La misère n’est pas une fatalité.

La misère est l’œuvre des hommes, seuls les hommes peuvent la détruire.

Elle est un dysfonctionnement entre nous, citoyens.

La misère, c’est ne compter pour personne. »

Première Partie

« Les pauvres sont coupables. »

Idées reçues sur les pauvres.

 

Sur la pauvreté en général : 5 idées fausses

Sur les sans-abri : 8 idées fausses

Sur les minima sociaux : 4 idées fausses

Sur le budget des familles : 3 idées fausses

Sur le travail : 2 idées fausses

Sur la Sécurité sociale et la santé : 3 idées fausses 

Sur les enfants : 2 idées fausses

Sur la fiscalité et les impôts : 1 idée fausse 

Sur l’école : 3 idées fausses 

Sur le logement : 2 idées fausses 

Sur la participation : 1 idée fausse 

Sur la culture : 1 idée fausse 

Sur l’immigration : 9 idées fausses 

Sur les Roms : 8 idées fausses 

Sur les gens du voyage : 2 idées fausses 

 

Seconde Partie

« C‘est bien beau, mais on ne peut pas faire autrement. »

Idées reçues sur les solutions

 

Sur la pauvreté en général : 7 idées fausses

Sur les minima sociaux : 5 idées fausses

Sur le budget des familles : 1 idée fausse

Sur le travail : 5 idées fausses

Sur la santé : 1 idée fausse 

Sur le placement des enfants : 1 idée fausse

Sur l’école : 9 idées fausses 

Sur le logement : 5 idées fausses 

 

         Sur les 88 alinéas ainsi répertoriés, il en est peu qui ne fassent  directement ou indirectement référence à l’infance, l’enfance ou l’adolescence. Malencontreusement, ils ne se trouvent pas toujours mis en évidence et c’est dommage.

                            Voici quelques citations.

         En 1 : … la lutte contre la pauvreté ne doit pas être axée sur la seule question des revenus, mais aussi sur l’acquisition par les personnes de «ressources» comme l’éducation, la santé, le fait de ne pas être discriminé, etc…

… le montant « très bas » du revenu de solidarité active (RSA) socle pour une personne seule est de 475 euros mensuels.

         En 2 : Que la pauvreté est moins grave et plus acceptable dans notre pays ? Certainement pas. Si les chiffres et les faits sous-estiment quelque chose, c’est la dureté des conditions de vie subies par les familles en grande précarité.

         En 3 : Étant donné que la population française augmente chaque année, un taux « stable » signifie une augmentation en nombre ... (et pour chaque nouveau-né ayant « la pauvreté en héritage »).

         En 4 : Ce sont les deux qui progressent.

         En 5 : « Les coûts et les conséquences de la pauvreté sont beaucoup plus importants que les dépenses directes… le fait d’investir dans l’élimination de la pauvreté engendre moins de coûts que si on la laisse persister.

         En 6 : « Une personne sans domicile sur cinq a dû quitter le domicile de ses parents avant l’âge de 16 ans (proportion six fois plus élevée que dans le reste de la population)».

« Un tiers a connu des difficultés économiques  avant l’âge de 18 ans, soit trois fois plus que chez les personnes occupant un logement ordinaire ».

         En 7 : Un tiers des inactifs sont des étrangers non autorisés à travailler. Les autres inactifs (en termes monétaires) ne cherchent pas d’emploi …. parce qu’ils se considèrent comme trop jeunes ou trop âgés pour les employeurs (9%) ou parce qu’ils ne sont pas disponibles (15%) … il s’agit essentiellement de jeunes mères de famille.

         En 8 : « parmi les personnes nées en Europe ou arrivées en France avant 16 ans, 28% des hommes et 32 % des femmes, déclarent avoir été placés durant leur enfance ou leur jeunesse. »

         En 10 : A Paris, les familles représentent la moitié des sans-abri hébergés par 1158, n° d’appel du Samu social de Paris (une famille sans domicile est définie par la présence d’au moins un enfant mineur accompagnant un parent).

         En 12 : Parmi les personnes sans domicile, beaucoup ont connu des difficultés et des placements pendant l’enfance et ont peur des institutions.

         En 13 : « Or, la réalité c’est que les personnes atteintes de troubles psychiatriques sont douze fois plus victimes d’agressions physiques et 130 fois plus victimes de vols que leur concitoyens. »

         En 14 : Plus on a d’enfants, plus on s’appauvrit.

Choisir d’avoir des enfants, c’est toujours choisir de vivre avec moins d’argent par personne.

La hausse de l’API n’est pas une ressource supplémentaire pour faire face à la charge d’un nouvel enfant que pour autant que le loyer reste le même. C’est pourquoi on voit que le surpeuplement du logement est une stratégie obligée des ménages pauvres pour pouvoir s’en sortir.

         En 15 : … une partie des personnes éligibles à différentes aides n’en font pas la demande. C’est ce que l’on appelle le non-recours. Il s’agit d’un scandale car l’argent dédié n’est pas distribué ou encore correctement réparti.

         En 16 : Tout se passe donc comme un jeu de rôles dans un théâtre où l’on obligerait les allocataires à singer la recherche frénétique d’emploi alors qu’il n’y a pas d’emplois – ou du moins d’emplois dignes de ce nom. … En l’absence d’emplois, la mécanique des droits et devoirs, même mis en œuvre de la façon la plus humaine possible, peut se transformer en instrument de torture mentale

         En 17, 18, 19 : Ces idées sont fausses.

         En  20 : Cette idée, si on peut l’appeler ainsi, est stupide ; elle veut faire croire que le mercantilisme serait en soi  un repère sain.

         L’Index  de la page 187 classé par pages n’est guère satisfaisant.

Les dernières pages indiquées (183-184) sous l’intitulé  «Inégalité» correspondent en fait à la Bibliographie ; annoncé sous le titre «Enfants» dès la page 71 (N° 21), il n’est en évidence réalité qu’à partir de la page 78 et il s’agit du N°26 et non du N°25 inscrit. Bien sûr le contenu des 182 pages est le plus important, mais il est malgré tout regrettable de n’être pas en accord avec les citations que l’on voudrait toutes faire ; il s’agit probablement de l’édition d’août 2013 ? et il aurait mieux valu, selon moi, choisir la mise en exergue du N°. C’est donc ce que je vous propose.

En effet, personnellement, en tant que pédiatre, je pense que c’est diminuer le « volume » de l’impact de la pauvreté chez les enfants, premières victimes à quasiment tous les chapitres.

        

         En 24 : … les bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU) étant un peu plus jeunes en moyenne que les non bénéficiaires. L’écart […] s’explique principalement […] par un état de santé moins bon chez les bénéficiaires, lié en partie à l’insuffisance de la prévention et du retard mis à se soigner du fait de l’absence de moyens financiers.

         En 26 : … des enfants confrontés à la pauvreté subissaient relativement peu de maltraitances, mais davantage de «carences éducatives» du fait de la précarité […]

« le logement, sa stabilité, sa conformation est un élément essentiel dans le bien-être des parents et des enfants ».

         En 29 : Pour ces parents, avant même que l’enfant n’entre à l’école, il y a déjà la peur de le voir revivre ce qu’eux-mêmes ont vécu. Parents et enfants abordent donc l’école avec, à la fois, beaucoup d’espoirs et d’appréhensions.

«Le fossé culturel entre l’école et les familles en situation de précarité est très important. Il existe une peur réciproque entre ces familles et les enseignants, de nombreux parents ne se sentent pas accueillis à l’école.

         En 30 : … les inégalités sociales se creusent au fur et à mesure de l’avancée de la scolarité élémentaire. Le niveau de diplôme des parents (particulièrement celui de la mère) et, de manière plus globale, les possibilités d’encadrement de la scolarité par les familles revêtent une importance au moins aussi brande que leur situation socio-économique stricto sensu.»

         En 31 : En effet, si l’on considère que les enfants dont aucun des parents n’a eu le bac, les écarts sont quasiment nuls entre enfants immigrés et non-immigrés pour l’obtention du bac général ou technologique.

«Les élèves issus de l’immigration connaissent plus souvent l’échec, avant tout parce qu’ils appartiennent à des milieux socialement moins favorisés ».

         En 32 : Faux. Il n’y a pas de «ménages Dalo».

         En 35 : « Les besoins culturels sont aussi importants que les besoins qualifiés traditionnellement de primaires […] Lorsqu’on vit dans la pauvreté, l’accès à la beauté de la nature ou de l’art demeure un besoin profond. La culture est une nourriture essentielle pour l’être humain. Le matériel, au sens large, ne suffit pas pour redonner de l’élan dans une vie. Les gens ne se mettent pas en route pour cela. La difficulté, par exemple, que peuvent avoir des personnes en situation de précarité à prendre leur santé en main peut provenir d’une absence de but, d’un manque de finalité dans leur existence. Les besoins culturels des personnes défavorisées sont méconnus. […] De fait, il existe un cloisonnement entre l’action sociale, qui prend en compte les besoins primaires vitaux, et l’action culturelle, qui paraît subsidiaire (à satisfaire lorsque les autres besoins seront satisfaits) ou relative, donc non primordiale quand il s’agit de personnes en situation de précarité […] Il existe à la fois des besoins primaires vitaux et des aspirations (reconnaissance, culture, beauté…) qui font que quelqu’un est un être humain à part entière. Pour passer de l’assistance à la participation, il faut que ces aspirations soient prises en compte. […]

        

         N.B. : Une pyramide n’est jamais représentative de quoi que ce soit. un cercle ou une boule seront toujours limités par nature. Seule une ellipse  reflètera un peu mieux une idée de la réalité.

 

 

 

 

 

         En 37 : « Il n’existe aucune preuve d’un effet d’éviction permanent de l’immigration sur l’emploi des autochtones. »

         En 42 : Ce taux de natalité, chez les femmes immigrées, contribue à rajeunir la population en France, qui sinon vieillirait plus vite.

         En 44 : L’emploi étant le principal facteur de contribution fiscale des immigrés, l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) invite les pays à une meilleure intégration des immigrés dans le marché du travail.

         En 52 : Rien ne le prouve. Au contraire.

         En 67 : En effet, le plus grand nombre des personnes qui auraient droit à ces tarifs sociaux ne les demandent pas Les taux de non-recours au tarif première nécessité (TPN) d‘Électricité de France et au tarif spécial solidarité (TSS) de Gaz de France sont de 68% et de 62% en 2011.

Ces tarifs sociaux sont financés non par l’État ou les fournisseurs d’énergie, mais par les clients eux-mêmes par prélèvement sur leurs factures de gaz ou d’électricité, qu’ls soient riches ou pauvres. Cela signifie que les clients précaires d’ÉDF ou de GDF financent des tarifs sociaux dont, pour la moitié ou les trois quart d’entre eux, ils ne bénéficient pas !

            En 73 : En outre, lorsqu’on est pris en charge par la Couverture Médicale Universelle (CMU),on peut être parfois confronté à des refus de soins de la part de certains professionnels de santé.. Selon le Fonds CMU, un quart des médecins refusent des patients bénéficiaires de la CMU. Ce taux est plus élevé chez les dentistes (32%), chez les ophtalmologues 31%, généralistes et gynécologues de secteur 2 à honoraires libres : respectivement 33% et 40%.

            En 74 : La loi impose ainsi à l’Aide sociale à l’enfance, dès qu’elle accueille un enfant, de préparer son retour en soutenant le lien de l’enfant avec ses parents. Car, pour se construire psychiquement, un enfant a besoin de connaître ses vraies racines.

            En 75 : Faux. Elle se situe dans la moyenne des pays industrialisés.

         En 76 : « L’école s’est généralement vue assigner trois grands objectifs : la transmission des savoirs ; l’éducation des individus en vue de leur socialisation (enjeu fondamental pour la société) ; la sélection des élèves comme base de leur distribution dans la hiérarchie professionnelle, implicitement dans la hiérarchie sociale. En France, le processus de sélection a continué à s’appuyer sur des méthodes d’apprentissage impersonnelles, cloisonnées dans des disciplines et privilégiant l’abstraction. La mission éducative et intégrative de la scolarité est ainsi passée largement au second plan. »

         En 77 : Pas si simple. Il aura fallu qu’une loi en septembre 2010 soit abrogée en janvier 2013 parce qu’elle était inadaptée, injuste, inefficace et affectant d’abord les familles les plus en difficulté pour que la notion de « contrat « soit reconnue autour d’une communauté éducative au service d’un élève absentéiste !

         En 78 : Actuellement, l’école renforce les inégalités sociales .

         En 79 : « Mais ce que gagnent les faibles est environ deux fois plus important  que ce que perdent les forts. Par conséquent, les environnements scolaires vont être d’autant plus vecteurs d’inégalités  qu’ils sont ségrégués (forts ou faibles).» Si on faisait ce genre d’études dans des établissements qui mettent en œuvre des pédagogies reposant davantage sur la coopération entre élèves, on mesurerait peut-être que les plus forts y « gagnent » aussi.

         En 80 : Or le contournement aujourd’hui massif de la carte scolaire, encouragé par son assouplissement récent, déstabilise nombre d’établissements situés dans les quartiers populaires où la mixité sociale est faible, sapant ainsi les efforts éducatifs consentis par ailleurs en leur faveur.

         En 84 : « Le Droit au logement opposable (Dalo) » est un grand progrès.

         En 86 : L’absence d’un toit crée des cassures profondes dans la vie d’un individu ou d’une famille, qu’il est ensuite très coûteux (moralement et financièrement) de réparer, tant pour les personnes concernées que pour la société.

         En 88 : Faux.

         + de 42 à 52 : 8 idées fausses sur les Roms.

54+8 = 62 sur 88 !