La maturation osseuse


L'analyse de la maturation osseuse ou squelettique apporte dès avant la seconde année des renseignements fondamentaux, mais c'est surtout à partir d'un an que la seule lecture d'une radiographie du poignet et de la main (complète avec toutes ses phalanges) suffira à déterminer exactement le degré de maturation souvent exprimé comme un "âge osseux".

 

Durant la première année, on peut voir apparaître des zones ossifiées (opaques aux rayons X) :

  • à l'épaule : la tête humérale (vers 1 mois en moyenne); le noyau de l'apophyse coracoïde (vers 4-6 mois) ; les tubérosités de l'humérus (chez la fille vers 1 an).
  • au coude : le condyle (externe).
  • au poignet : le grand os et l'os crochus (ce dernier interne ou cubital par rapport au précédent) ; le pyramidal très exceptionnellement.
  • à la hanche : la tête fémorale (vers 3 mois).
  • au pied : le cuboïde (vers 2 mois) ; le troisième cunéiforme (vers 3 mois chez la fille, 6 mois chez le garçon) ; le point tibial inférieur (vers 7 mois) ; le point péronéal inférieur (chez la fille seulement, à partir de 9 mois).

 

Durant la seconde année, l'écart s'accentue entre fille et garçon :

  • à l'épaule : les tubérosités de l'humérus (chez le garçon à 16 mois).
  • au poignet : le pyramidal peut apparaître précocément ; l'épiphyse distale du Radius doit être vue.
  • à la main : la seconde phalange (distale) du pouce ; les premières phalanges des doigts ; les épiphyses (distales) des métacarpiens des doigts ; l'épiphyse (proximale) du premier métacarpien.
  • au pied : le point péronéal inférieur (chez le garçon vers 16 mois) ; le premier cunéiforme (chez la fille vers 19 mois).

 

Durant les troisième et quatrième années, (avance nette des filles) :

  • au coude : la tête radiale ; lepitrochlée (interne) (chez la fille seulement, vers 4ans).
  • au poignet : le pyramidal (avec de grandes variations) ; le semi-lunaire (chez la fille seulement, vers 3 ans et demi).
  • à la main : les métacarpiens (épiphyses) (chez le garçon); la première phalange (proximale) du pouce ; les secondes phalanges des doigts ; les troisièmes phalanges des doigts ; tous avant 3 ans.
  • à la hanche : le grand trochanter.
  • au genou : la tête du péroné ; la rotule (visible de profil) (chez la fille seulement, vers 3 ans 1/2).
  • au pied : le premier cunéiforme (chez le garçon vers 2 ans et demi) ; le deuxième cunéiforme ; le scaphoïde tarsien (chez la fille seulement, vers 4 ans).

 

Ultérieurement et jusqu'aux approches de la puberté :

  • au coude : la trochlée (ou condyle interne) (vers 8-9 ans) ; le noyau postérieur de l'olécrâne (peu après ou avant); l'épicondyle qui fusionnera avec le condyle (toujours après).
  • au poignet : le semi-lunaire (chez le garçon vers 4 ans 1/2) (très variable) ; le scaphoïde carpien ; le trapèze ; le trapézoïde (vers 5 ans chez la fille, 6 ans 1/2 chez le garçon, selon un ordre variable) ; le pisiforme (vers 9 ans chez la fille, 11 ans chez le garçon, il annonce la fin de la pré-puberté sans rigueur) ; l'épiphyse distale du cubitus (vers 6-7 ans).
  • à la main : l'évolution des autres épiphyses est caractéristique.
  • au pied : le scaphoïde tarsien (vers 4 ans 1/2 chez le garçon); les faces et tubérosités postérieures du calcanéum (vers 6 ans 1/2 chez la fille, et 8 ans 1/2 chez le garçon).

 

Lors de la puberté et à sa suite (les soudures) :

  • à l'épaule : soudures de 17 à 19 ans.
  • au coude : soudures de 12 ans 1/2 à 15 ans, pratiquement dans l'ordre d'apparition des noyaux, sauf pour la tête radiale qui est la dernière (sa soudure définitive est contemporaine du pic d'accroissement statural).
  • au poignet : soudure du cubitus avant le radius (ce dernier vers 17-19 ans).
  • à la main : soudure initiale des doigts: de la seconde phalange du pouce (vers 13 ans 1/2, ou 15 ans) ; de la troisième phalange de l'index.
  • à la hanche : soudures vers 16-17 ans ; soudure de la crête iliaque (vers 20-25 ans).
  • au genou : la tubérosité antérieure du tibia apparaît vers 13-14 ans ; sa soudure a lieu vers 14-15 ans 1/2.
  • à la cheville : soudures de 14 à 16 ans.
  • au pied : soudures des métatarsiens et orteils vers 13-14 ans 1/2; soudure du calcanéum postérieur vers 16 ans.

 

Attention : il ne s'agit que de données médianes sans les limites normales.

 


 


 

 

Sur le choix des territoires articulaires pour l'analyse de la maturation squelettique par les méthodes numériques ou descriptives.


A la naissance (si les membres inférieurs ne sont pas en totalité radiographiés).

  • les genoux des deux côtés, de face seulement ;
  • les pieds des deux côtés, de trois-quart ou de profil ;
  • l'épaule gauche ou le thorax en entier, de face.

 

Durant la première année (mais pas avant 3 ou 6 mois) : 

  • le poignet (et la main) à gauche ou des deux côtés, de face ;
  • le pied et la cheville à gauche ou des deux côtés, de face et de profil ;
  • les hanches de face (avec la jonction L5-S1) ;
  • l'épaule gauche ou des deux côtés, de face.

 

Durant la seconde année (aux anniversaires et à 18 mois) :

  • le poignet et la main en entier à gauche ou des deux côtés ;
  • le pied et la cheville à gauche ou des deux côtés, de face ou de trois-quart.

 

Entre 2 et 4 ans inclus (aux anniversaires et mi-années) :

  • le poignet et la main complète à gauche ou des deux côtés ;
  • le coude gauche, de face (chez les filles seulement) ;
  • le genou de trois-quart pour dégager le péroné (chez les filles) ;
  • le pied et la cheville à gauche (chez le garçon seulement).

 

Entre 4 et 7 ans inclus (aux anniversaires et mi-années) :

  • le poignet et la main complète à gauche ou des deux côtés ;
  • le coude gauche, de face (chez les garçons seulement) ;
  • le genou de trois-quart pour dégager le péroné (chez les garçons).

 

Lors de la période pré-pubertaire (avant 11 ans) (aux anniversaires et mi-années) :

  • le poignet et la main complète à gauche ou des deux côtés ;
  • le coude gauche, de face (on peut attendre cette période) ;
  • le pied gauche, de profil seulement (très accessoirement).

 

Lors de la période péri-pubertaire (après 11 ans) (aux anniversaires et mi-années) :

  • le poignet et la main complète à gauche ou des deux côtés ;
  • le coude gauche, de face et de profil (dès 9 ans chez la fille) ;
  • le genou gauche, de profil seulement.



 

Ainsi, la radiographie du poignet et de la main en entier (avec toutes les phalanges au complet et le maximum possible des diaphyses de l'avant- bras) est-elle toujours indispensable à partir d'un an (le poignet seul peut à la rigueur suffire avant, mais il est préférable de ne jamais sectionner le squelette de la main). *

*SEMPÉ M., PAVIA C. Allas de la Maturation Squelettique - Ossification Séquentielle du Poignet et de la Main. Atlas de la Maduración Esquelética - Osificación Secuencial de la Muñeca y de la Mano. Atlas of Skeletal Maturation - Sequential Ossification of the Wr/s/ and Hand - SIMEPS.A. - Lyon-Villeurbanne - 1979 - 241 p.




 

Pour une limitation des radiographies en vue de l'analyse de la maturation squelettique par les méthodes numériques ou descrip­tives.

 


Après la naissance :
  • ne plus radiographier les genoux de face.
Après 6 mois (voire après 3 mois, date préférable) :
  • ne plus radiographier les hanches (ou placer un cache génital).

 

Après 1 an (ou 18 mois chez le garçon) :

  • ne plus radiographier l'épaule (ou encadrer largement un thorax).

 

Après 3 ans (chez la fille), 4 ans (chez le garçon) :

  • ne plus radiographier le pied de face.

 

Après 4 ans (chez la fille), 5-6 ans (chez le garçon) :

  • ne plus radiographier le genou de trois-quart (pour dégager le péroné).

 

Après 7 ans (chez la fille), 9 ans (chez le garçon) :

  • ne plus radiographier le pied de profil.

 

Après 14 ans (chez la fille), 16 ans (chez le garçon):

  • ne plus radiographier le genou de profil.

 



A tout âge (sauf à la naissance et en ce qui concerne la main, jusqu'à 9 mois au maximum), il est nécessaire et suffisant de disposer d'une radiographie du poignet et de la main en entier (avec toutes les phalanges au complet - et le maximum possible des diaphyses de l'avant-bras), de face (jamais de profil).



Après 1 an, le pied compte plus que l'épaule.

Après 2 ans, le genou compte plus que le pied.

Après 4 ans, le poignet (et la main) vaut tout le reste.

Après 7 ans, le coude prend une valeur diagnostique.

Après 11 ans, le coude a une valeur pronostique.

Après 16 ans, la main (et le poignet) vaut plus que le reste.

A tout âge, avoir au moins une radiographie du crâne de profil.

 


 

Ainsi, à chaque âge, le total des radiographies à pratiquer pour l'analyse de la maturation squelettique ne doit pas être supérieur à trois (excepté durant la première année pour une meilleure précision). Bien souvent, deux radiographies suffisent pour se convaincre et en toutes circonstances une seule radiographie (poignet + main) donnera une détermination précise.


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Soumise aux aléas de toutes les études séquentielles, l'enquête sur la croissance, commencée en 1953 sous les auspices du Centre International de l'Enfance, s'est terminée en 1974.

Ces premiers résultats, réellement cinétiques, n'ont pu être rassemblés que grâce, en premier lieu, à la fidélité des parents des enfants de notre échantillon, puis des adolescents eux-mêmes.

En second lieu, il a fallu l'action conjuguée des vingt et un membres de l'équipe (douze médecins, quatre psychologues, une assistance sociale*, quatre secrétaires) qui se sont succédés et dont la collaboration fut occasionnelle ou prolongée parfois pour quelques-uns de bout en bout.

Enfin, sans la constante amitié de Mademoiselle E. Patois, de Madame M.H. Tran et de Monsieur C. Philippe groupés autour de Monsieur J. Lellouch, jamais nous n'aurions pu ordonner toutes les informations auxo-chrono-biométriques qui viennent d'être présentées, sans compter toutes celles qui font partie des programmes de recherche en cours.

La croissance de ces enfants et de ces adolescents a donc été jugée sur de nombreuses mesures dont la liste a, comme mérite principal, d'avoir été établie internationalement ; telle quelle, trop importante ou insuffisante, elle devrait servir pour une meilleure approche de ce cheminement dans l'existence qui attend nos descendants.

Quelques orientations méthodologiques sont ainsi apparues comme étant fondamentales et elles peuvent se résumer en neuf propositions très simples, à la portée de quiconque veut bien se mettre à l'écoute de toute éclosion somatique :

  1. Traiter séparément les sexes, donc toujours les indiquer;
  2. Raisonner à partir de mois chronologiques centrés sur le jour anniversaire;
  3. S'assurer d'un espacement régulier des examens à renouveler;
  4. Utiliser les écarts-types fonction de la taille plutôt que du temps ;
  5. Tracer les itinéraires de croissance de bout en bout de leur trajectoire ;
  6. Jalonner, éventuellement par interpolation, les anniversaires et mi-années ;
  7. Relever systématiquement les valeurs obtenues à ces âges repères ;
  8. Déterminer constamment les accroissements ou différences annuelles ;
  9. Ne juger que sur eux du rythme de la croissance avant tout pronostic.

* Madame M. T. BRIAND fit beaucoup pour sauvegarder la fidélité des familles.

 

Dès lors, les mesures peuvent prendre toute leur signification et amener (ou non) à la demande d’examens complémentaires au premier rang desquels l'analyse de la maturation squelettique primera toujours : tel est le symbolisme du cercle d'où partent les neuf directions méthodologiques définies ci-dessus.

Dans le système auxo-bio-chronométrique, il rappelle aussi que la valeur 0 n'est pas nulle et quelle peut être au départ comme à l'aboutissement de toute séquence du développement

Ce développement pour chacun des membres de notre échantillon a permis d'affirmer quelque chose de pourtant bien indéfinissable, à savoir la normalité quasi complète de ces témoins : un recul de vingt et un ans pour les aînés, de plus de treize ans pour les derniers, n'est-il pas l'ultime preuve attendue, même si devenus jeunes adultes leur santé doit s'altérer ?

Tels qu'en eux-mêmes leurs accroissements les ont modelés, ces enfants et ces adolescents ne sont cependant pas "idéaux"] à cause de cela peut-être, cette étude "sur le vif" mais au long cours ne sera plus près d'une réalité qu'il ne faut cesser d'améliorer.

 

Sainte-Foy-Lès-Lyon Pentecôte 1979

 

Vous pouvez télécharger une partie du livre "Croissance et maturation osseuse" vous premettant d'expliquer la méthodologie de la mesure. Pour cela, il vous suffit de cliquer sur l'image ci-dessous (Attention le téléchargement peut prendre plusieurs minutes en fonction de la vitesse de connexion) :

main

 

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