Cette Étude Auxologique Française a commencé en 1953 à Paris sous les auspices du Centre International de l’Enfance (Dr Nathalie Masse, Directeur des Études (1919-1975) et  du Dr Marie-Paule Roy-Pernot (1921-2007). En 1958, le Dr Michel Sempé lui a succédé, aidé de Guy Pédron (1935–1975), puis, en 1969, Madame Roy-Pernot l’a sauvegardé jusqu’à la fin en 1975.

 

Je demeure donc le seul héritier de cette « aventure intellectuelle » qui a occupé toute ma vie de chercheur seul en toute propriété et à laquelle, en 2012, je me consacre encore tant la masse des documents recueillis sur les plans somatiques, radiographiques et cliniques est restée d’actualité.

 

Avant tout, il importe de retenir qu’en toutes circonstances cette étude à finalité de recherche est demeurée continuellement  « séquentielle », c’est-à-dire s’adressant toujours aux mêmes sujets depuis leur premier mois de vie extra-utérine jusqu’à leur dernière venue selon leur convenance. Le mot « longitudinal « n’y a donc aucune signification puisque les examens sont très divers.

 

En second lieu, tous ces examens ont été pratiqués de manière extrêmement précise aux anniversaires et aux mi-années, donc tous les six mois idéalement ; hormis le premier mois, il y a eu, inévitablement, des absences aux rendez-vous mais jamais d’analyses « hors dates ». Il s’en suit que la croissance prend ici tout son sens cinétique : les accroissements connus ou à rechercher seront tous de l’ordre du semestre et il s’agira le plus souvent de gains.

 

Enfin, la part psycho-pédagogique n’a pas été oubliée, loin de là ; elle a subi cependant, de plein fouet, les désaffections des dernières années et les données recueillies par de merveilleuses psychologues n’ont pu être toutes sauvegardées ; d’ailleurs, leur étude circonstanciée a malheureusement souvent manqué d’une méthodologie accessible et des outils de la recherche.

 

De ces quelques précisions – tout l’historique a été publié – il ressort trois faits : 

  • une étude séquentielle ne peut réunir qu’un effectif forcément faible qui ira inéluctablement en se réduisant : la statistique des grands nombres – il n’en existe pas pour de petits ou très petits échantillons – ne lui est pas applicable. En particulier, les moyennes ne réunissent que des valeurs non repérables chez un sujet donné ; le seul critère de référence est la Médiane qui, chaque fois, signale un cas particulier. De ce fait tous les résultats seront exprimés par le chiffre de 50 % de la population en cause, même si elle est inférieure à 100 sujets mais avec précaution.
  • les distributions des écarts à la médiane ne peuvent donc être que des pourcentages % (et non des centiles qui bloquent la dispersion à 0 ou 100 %) ; les écarts (et non les déviations, terme inacceptable en langue Française) n’ont pas à être fixés à 3 ou 97, mais bien plutôt à 10 et 90 %, beaucoup plus en accord avec de petits nombres. Or, de 10 à 50 et de 50 à 90 %, il y a chaque fois 20 % d’une quantité inégale ; simplement divisés par 2, ces 20 % fournissent pour la recherche un écart « variant » négatif ou positif σν – ou σν +  qui sera le seul retenu.
  • en puériculture et pédiatrie, les périodes « n’engrangent » pas les mêmes densités physiologiques et il est fondamental d’en tenir compte. Mon travail de recherche a été d’explorer quelle pouvait être la meilleure représentation graphique. Avec l’aide de  Georges Lepetit, nous avons convenu que les logarithmes étaient le meilleur outil. Comme il l’écrit : « C’est l’avantage de l’échelle log pour l’âge de dilater les écarts entre les points pour les valeurs proches de 1 et de les contracter progressivement ensuite. Au delà d’un certain âge il n’est plus utile de conserver le même pas trimestriel. A la fin, les millièmes conservent l’ordre chronologique uniquement. Dans le même temps, les valeurs des longueurs considérées tendent à ne plus varier. » En retenant l’âge chronologique de onze ans (132 mois), les abscisses seront ainsi toujours d’ordre logarithmique.

 

Tous les tracés proposés sont par conséquent construits selon ces trois principes.


Michel Sempé

 

Ce texte est la reproduction des pages 170 et 171 du livre : « La croissance humaine »

 

 

Déclaration des Droits de l’Enfant

20 novembre 1959

... Considérant que l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance. ...

Considérant que l’humanité se doit de donner à l’enfant le meilleur d’elle-même.

... afin qu’il ait une enfance heureuse et bénéficie, dans son intérêt comme dans l’intérêt de la société, des droits et libertés ... en application des principes suivants :

 

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