Qu'est-ce que la corpulence par Michel Sempé


La corpulence en négatif


Il importe cependant de citer à nouveau le Dictionnaire de l ’Académie Française dans le premier tiers de la future 9ème édition ; paru en mai 1994, il traite des mots A – Enz en 1848 pages.
Corpulence est ainsi définie avec une légère et nouvelle précision : ampleur du corps.
Surtout en parlant d’une personne de grande taille et de poids important. (Les deux caractères sont donc liés)



Un seul dictionnaire, à notre connaissance, apporte quelques lueurs en permettant de décrire au moins ce que la Corpulence n’est pas :
il s’agit du Dictionnaire Culturel en Langue Française (Le Robert 2005).


L’embonpoint est l’état d’une personne quant à l’équilibre de son poids ;

l’état d’un corps bien en chair, un peu gras.

 

L’adipose ou adiposité est l’accumulation de graisse dans le tissu cellulaire sous cutané.
Mieux vaut cette dénomination chez l’enfant et l’adolescent n’ayant pas terminé leur croissance ; on ne saurait raisonnablement parler d’adipose chez le nouveau-né ou l’infant.
Il n’y a en principe pas de limite supérieure … (à condition qu’il s’agisse bien de tissu adipeux)


En cas de maigreur (= 10 % mais de quoi ?), voire d’émaciation, les diminutions sont inconnues et peuvent être considérables voire proches de la létalité ; il y a malgré tout, l’existence du squelette sous-jacent.


L’obésité est l’état d’une personne anormalement grosse, d’une extrême grosseur, par augmentation ou excès de tissu adipeux de l’organisme accompagné d’un excédent de poids (plus de 25 % du poids estimé normal) mais sur quelles bases ?
Toutefois, durant la croissance, le poids estimé habituel ne peut que changer et un enfant ou un adolescent ne sont pas des adultes en réduction.


Une corpulence est un embonpoint sans adiposité.


Il ressort de cette analyse sémantique, qui apparaît bien obligatoire bien que peu fréquente, une sorte de vertige. Quantité de mots veulent s'appliquer aux mêmes faits et finissent par être contradictoires, tels chair et gros, équilibre et poids, % non déterminé, normal ou encore redondant organisme et tissu cellulaire sous cutané, voire franchement faux comme indice à la place de coefficient, masse au lieu de son équivalent non pédant qui est poids et surtout l'utilisation totalement abusive du concept de corpulence comme s'il s'agissait du poids du corps.

Il importe donc de chercher quels peuvent être les indicateurs de la corpulence.

Il ne faut pas faire intervenir le poids qui n'est pas une mesure mais le constat d'une force qui n'est pas celle, physiologique, qui conditionne la corpulence.
Il faut s’entendre sur le mot mesure qui est polysémique (Il y a plus de trois colonnes à son sujet dans le Dictionnaire culturel) et admettre qu’en Pédiatrie aucune mesure n’est acquise sans qu’un observateur prenne la peine de la « prendre » et l’interprète en fonction de la croissance qui justement la remet toujours en question.
De tout temps « poids et mesures » ont toujours été bien différenciés.

Il importe de ne pas valoriser la taille qui n'est qu'un indicateur longitudinal dont le sens est anatomique, en long, et non temporel, tout en essayant de connaître la part de ses composantes segmentaires qu'il est tout aussi artificiel de négliger qu'il est artificiel de ne pas discriminer.

En tout état de cause, la corpulence n'est pas entièrement liée au poids du squelette vif, qui n'est autre que la masse (ici le mot est juste car il ne peut être pesé dans ses parties) non seulement des os vascularisés, innervés et contenant de la moelle, mais aussi et surtout de toutes les attaches musculo - aponévrotiques sans lesquelles il ne « tiendrait » pas et finalement de tout le système locomoteur qui est sa raison d'être.

Par ailleurs, les dimensions de la corpulence sont peu celles du squelette en long mais relèvent aussi de la sagittalité du corps et surtout de sa transversalité qui est beaucoup plus accessible aux réelles mesures.

Ces dernières, dont on a vu la nécessité, ne feront donc pas intervenir les coefficients du poids et en particulier leur mise au carré sans grande justification (Corpulence, Cormence et Skélence) mais bien plutôt les périmètres et leurs indices à titre comparatif et, de notre point de vue, essentiellement les diamètres.


Les réalisations d'indices diamétriques auront leur nom justifié car de même nature millimétrique.


Analyser la corpulence est connaître l'importance relative des insertions osseuses et musculaires.


2


Retour en haut de page

Page précédente     -     Page suivante

Retour au sommaire